La bannière doit faire 1005 x 239 pixels

GLITTER AND BE GAY
Un blog à trois voix consacré au théâtre musical
Broadway | Châtelet | Critique | 30.01.2013 - 00 h 56 | 1 COMMENTAIRES
Street Scene au Châtelet, un Broadway opera.

Étiquettes : , , ,
Street Scene au Châtelet

Street Scene au Châtelet

Le Châtelet poursuit sa saison Broadway par la création parisienne de Street Scene, l’opéra américain de Kurt Weil ; un chef-d’oeuvre absolu qui n’avait jamais eu les honneurs d’une présentation dans la Capitale.Le Châtelet a importé la production du Young Vic Theatre de Londres, co-produit en 2008 avec le Watford Palace Theatre. Il faut bien sûr saluer la belle idée du Châtelet. Comment Paris pouvait-il encore ignorer ce chef d’oeuvre absolu de l’opéra américain [même si l’oeuvre fut originellement créée à Broadway à l’Adelphi Theatre, le 9 janvier 1947] ? Street Scene que l’on dénomme également Broadway Opera est la synthèse — du moins selon les souhaits de Kurt Weill — du Broadway Show et de l’Opéra européen. Une écriture lyrique qui fleure bon son XX° siècle viennois,  revue par le  style  musical, une orchestration sophistiquée — signée de Weill lui-même, quand la tradition de la République du Spectacle permet que des orchestrateurs s’emparent de la particelle originale — , un travail harmonique singulier, un sens inouï de la scène, hérité des expériences antérieures de Weill [ du Brecht de l’Opéra de Quat’ Sous écrit avec Brecht au génial opéra bouffe Der Zar Läss sich photographieren (le texte en est signé du remarquable dramaturge berlinois Georg Kaiser) en passant par cet extraordinaire musical qu’est Lady in the Dark  (Moss Hart & Ira Gershwin) ou encore l’intéressant Love Life (Alan Jay Lerner)] … l’ensemble au service d’un chronique dramatique théâtralement sans défaut — signée du reste de deux des plus grands noms du théâtre et de la poésie américains.

Chaque écoute de l’oeuvre est un éblouissement, de nouvelles beautés s’en dégagent, de nouvelles surprises dramatico-musicales se font jour — on croit l’avoir explorée quand soudain, un subtil détail paraît et renforce encore la fascination que Street Scene provoque chez ceux qui découvrent l’ouvrage.
La production présentée au Châtelet obtint en 2008 à Londres l’Evening Standard Award pour Best musical. On serait bien tenté, à voir cette production reprise cinq ans plus tard, de se demander pourquoi. Ce n’est d’abord pas une production « complète »; tout au plus, une production « semi-staged » améliorée, dont les défauts m’apparaissent criants. A commencer par le parti-pris de direction d’acteur, qui fait de l’illustration gestuelle des lyrics une règle que l’on subit deux heures trente durant. Je fus gêné également des « chanteurs à rôles multiples »,  trop reconnaissables et sans véritable caractérisation de personnage pour chacune de leurs incarnation. L’absence de décors — une construction en bois, dans laquelle est logée l’orchestre sur un rez-de-chaussée et un étage, desservi par deux escaliers censés figurer l’accès des immeubles où vivent les habitants de cette Street — se veut palliée par un travail sur le son de la rue (y compris le chien d’une locataire, qu’elle promène régulièrement), diffusée par les hauts parleurs. Le parti pris tourne hélas un peu trop court. La manière dont la pièce est écrite, finalement, se venge : elle exige un certain réalisme dans la réalisation scénique. Si l’action n’est jamais mélodramatique, les personnages dessinées par Elmer Rice pourraient être ceux d’un mélo. Et le contraste entre le « type » de personnages et leur traitement demande, pour être encore plus sensible, prégnant et porteur de sens, une décoration réaliste, voire terriblement convenue, au raz des didascalies de décor.

La distribution du spectacle est inégale. J’ai cru un instant que le ténor incarnant Sam, Paul Curievici, allait me transporter dans un de ces délices vocaux qui font ma gourmandise : son timbre de ténor léger, spécifiquement anglo-saxon, sa voix ductile et souple, son jeu convaincant perdent soudain toute saveur dès que la tessiture se tend. La voix devient alors terriblement incertaine, les aigus semblent instables et inconfortables — la sensation qui en résulte m’a provoqué quelques violentes frustrations musicales. En revanche Geof Dolton est un Frank Maurrant particulièrement crédible et singulièrement effrayant — la violence qui sourd de chacune de ses répliques ou sous chacun de ses mouvements et ne demande qu’à exploser bientôt est tout à fait impressionnante. L’habileté du chanteur comme celle de l’acteur portent à l’admiration. Du côté des filles, Sarah Redgwick incarne une Anna Maurrant très touchante, tout comme Susanna Hurrel, au chant élégant et racé (Rose Maurrant).
L’Orchestre des Concerts Pasdeloup était mené par la baguette de Tim Murray, simplement excellent. Le Pasdeloup, d’une grande tenue, était desservi par le décor qui l’enserrait : trop loin en scène (l’espace de la fosse, conservé, n’aidait pas à diminuer cette sensation d’éloignement), il eut mérité d’être mieux sonorisé, d’autant que le nombre de cordes, qui est nettement dicté par la place disponible dans l’espace imparti a l’orchestre au sein du décor, s’avère terriblement insuffisant. Quand l’harmonie et la batterie pétaradent avec allégresse, les cordes ne sont qu’un tapis indistinct et lointain. Cela gâcha un peu mon plaisir .

L’Opéra de Toulon avait fait la création française de l’ouvrage il y a deux saisons, dans une mise en scène réussie et inventive d ‘Olivier Bénézech — une distribution anglo-saxonne excellente, une réalisation musicale soignée et de très bonne tenue, malgré des moyens financiers qui ne sont naturellement pas ceux d’un théâtre de la capitale. Je me suis pris à regretter, durant la représentation, que ce ne fût pas cette production qui ait été reprise au Châtelet.

lien intéressant : 

 

 

Pour info, l’Orchestre des Concerts Pasdeloup donnera un concert au Châtelet ce prochain samedi 2 février, avec la merveilleuse et ravissante soprano algérienne Amel Brahim-Djelloul dans un programme qui ose des pages symphoniques de Wagner, avec les Chants d’Auvergne de Joseph Canteloube et surtout Hélix (que l’on peut déjà écouter ici, aux Prom’s) du célèbre maestro et compositeur contemporain Esa-Pekka Salonen, qu’il faut absolument découvrir, pour ceux qui n’ont pas encore eu l’occasion d’entendre sa musique.

Châtelet | Théâtre musical | 04.01.2012 - 07 h 22 | 1 COMMENTAIRES
West Side Story sur la scène du Châtelet à l’automne 2012

L’un des chefs d’œuvres toutes catégories de la comédie musicale américaine revient à Paris.

Étiquettes : , , , , ,

L’un des chefs d’œuvres toutes catégories de la comédie musicale revient à Paris. West Side Story, dans la nouvelle production par le metteur en scène et chorégraphe Joey McKneely – élève et assistant de Jérôme Robbins – va réenchanter la scène du théâtre du Châtelet, à partir du 26 octobre prochain.

En 2007, cette production, conçue pour célébrer le 50e anniversaire de la création, avait remporté un succès retentissant au Châtelet. Elle s’est ensuite produite à travers le monde entier: Sadler’s Wells Theatre de Londres,  Sydney, Tokyo, Pékin, Tel Aviv et Vienne. Deux Theatergoers’ Choice Awards lui ont été décernés et une nomination en 2009 en Grande-Bretagne aux Laurence Olivier Awards dans la catégorie «Best Musical Revival».

En 1957, des créateurs de génie ont fait le succès de West Side Story, une version moderne de Roméo et Juliette, à Broadway: Leonard Bernstein, pour la musique, Jerome Robbins, chorégraphe, Arthur Laurents, qui écrivit le livret et Stephen Sondheim, pour les lyrics. Un sacré quatuor! Sans compter sur l’effet démultiplicateur de l’adaptation au cinéma de West Side Story, un classique. Maria, Tonight, America, Somewhere, autant de «tubes» que l’on fredonne encore et encore.

Photo DR

Infos et réservation
Théâtre du Châtelet – 1, place du Châtelet, 75001 Paris (lundi au samedi de 11h00 à 19h00) et par téléphone au 01 40 28 28 40. www.chatelet-theatre.com

France | 19.10.2011 - 10 h 03 | 3 COMMENTAIRES
« Cabaret » au Théâtre Marigny: Emmanuel Moire en Emcee libertin

Wilkommen, bienvenue, welcome back: Cabaret est de retour. Trois ans après un premier tour aux Folies Bergères, entre 2006 et 2008, la comédie musicale revient au Théâtre Marigny à Paris, avant de partir en tournée dans toute la France.

Étiquettes : ,

Wilkommen, bienvenue, welcome back: Cabaret est de retour. Trois ans après un premier tour aux Folies Bergères, entre 2006 et 2008,  la comédie musicale revient au Théâtre Marigny à Paris, avant de partir en tournée dans toute la France.  La mise en scène est toujours celle de Sam Mendes et une grande partie du cast a été reconduite. La principale nouveauté c’est Emmanuel Moire, qui succède à Fabian Richard dans le rôle emblématique du maître de cérémonie. Si les antécédents du chanteur laissaient plutôt dubitatif (Le Roi Soleil, un répertoire très variété), force est de constater qu’il ne s’en tire pas si mal. Certes son timing de comédien n’est pas encore optimal et ses interprétations des chansons géniales de Kander et Ebb sont parfois un peu lisses, mais il parvient à insuffler un peu de personnalité dans son rôle. Joel Grey et Alan Cumming incarnaient un Emcee lubrique et décadent, celui d’Emmanuel Moire tient davantage du jeune libertin. Pourquoi pas?

Du côté des autres rôles, peu de changement. Et qui s’en plaindrait? Pierre Reggiani se montre toujours aussi touchant dans le rôle de Herr Schultz et Delphine Grandsart, troublante dans celui de Fraülein Kost. On notera par ailleurs les progrès de Catherine Arditi au chant, qui rendent ses chansons plus agréables à l’écoute. Et Claire Pérot campe décidément une excellente Sally Bowles, mutine et pleine d’énergie. Son interprétation de la chanson titre est magistrale.

Pour celles et ceux qui l’ignorent encore, Cabaret est tiré d’un roman de Christophe Isherwood, intitulé Adieu à Berlin et de la pièce I am a Camera (qui s’inspirait du roman). On y suit Cliff, un écrivain américain venu chercher l’inspiration dans le Berlin interlope du début des années 30. Il la trouve en la personne de Sally Bowles, fantasque chanteuse de cabaret au Kit Kat Club. Mais il va aussi croiser le chemin les nazis, qui entament leur irrésistible ascension.

Le propos n’a rien perdu de sa force. Et la mise en scène de Sam Mendes y ajoute une atmosphère décadente qui donne à ce cabaret un parfum de soufre, de sueur et pardonnez le mot, de foutre. Tout ce qu’on aime, quoi! Un classique à voir absolument.

Voir la bande-annonce ci-dessous:

Teaser Cabaret le musical from Stage Entertainment on Vimeo.

 

France | 07.10.2011 - 13 h 32 | 5 COMMENTAIRES
« Chantons dans le placard »: les perles de la chanson gay délicieusement revisitées

Chantons dans le placard, au Théâtre des Variétés, revisite un siècle de chansons gays et lesbiennes.

Étiquettes : , , , ,

A l’origine de Chantons dans le placard, il y a la volonté d’Hervé Latapie, créateur des Gais Musette et animateur de la Boîtes à Frissons au Tango, de monter un spectacle sur les relations entre la chanson française et l’homosexualité. Après une première tentative en 2001 intitulée Comme ils chantent, c’est Michel Heim, créateur des Caramels Fous et auteur de leurs spectacles, qui s’est vu confier l’écriture d’un spectacle moins compilation de chansons et plus théâtral. Le résultat final, Chantons dans le placard, a vu le jour en 2006, mis en scène par Christophe et Stéphane Botti et interprété par Denis d’Arcangelo (alias Madame Raymonde), Patrick Laviosa et Romain Bertrand. Il revient pour quelques semaines au Théâtre des Variétés, avec une nouvelle distribution.

QU’EST-CE QU’UNE CHANSON GAY?
L’histoire est simple: un jeune homme originaire de Chamalières –la ville de Valéry Giscard d’Estaing, monte à Paris pour passer une audition. Il s’agit d’une comédie musicale gay et il cherche à interpréter une « chanson gay ». Il hésite sur la chanson à choisir. On lui recommande de s’adresser à La mère Michel, chanteur travesti vieillissant, mais à la passion pour son métier intacte. Ensemble, et avec l’aide du pianiste et compagnon de la mère Michel, ils vont explorer le répertoire des « chansons gay » du siècle passé, en réfléchissant au passage à leur sens et à leur impact dans la culture gay. Qu’est-ce qu’une « chanson gay »? Que disent ces  chansons sur nous, sur ceux qui les chantent, sur leur époque?

LA POÉSIE DE GENET, LES CHANSONS GRAVELEUSES DE DRANEM
On revisite avec délice de nombreuses perles que les moins de 20, 30 ou 40 ans peuvent ne pas forcément connaître à l’image des chansons très ambiguës de Trénet (L’abbé à l’harmonium), en passant par la poésie de Genet (Le condamné à mort, mis en musique par Hélène Martin) ou les chansons graveleuse de Dranem (Le trou de mon quai) ou d’O’dett (Le Tsoin-Tsoin). Au passage, l’auteur se moque gentiment des chansons « homo-humanitaires », comme celles de Francis Lalanne, Lara Fabian, Renaud ou même Michel Sardou.

L’ambiance est certes à une certaine nostalgie. Mais on peut aussi le voir comme une grande déclaration d’amour à un pan de notre culture et une invitation aux gays et lesbiennes d’aujourd’hui et de demain à ne pas oublier que ces chansons racontent avant tout leur propre histoire. Notre histoire.

 Chantons dans le placard, de Michel Heim. Avec Vincent Escure, Michel Heim, Alvaro Lombard.  Mise en scène de Christophe et Stéphane BottiAu Théâtre des variétés : du mardi au samedi à 21 h 30, jusqu’au 31 décembre. Toutes les dates sur le site: Chantons dans le placard

Critique | Opera Bouffe | Théâtre musical | 21.09.2011 - 17 h 22 | 3 COMMENTAIRES
Vive tous les Renés énervés ! — Rond-Point, 10.09.2011

Étiquettes : , , , , ,

Une création de comédie musicale pour commencer la saison : quel meilleur augure pour 2011/2012 que celui-ci? D’autant que le propos est basé — comme tout opéra bouffe qui se respecte — sur les aventures de personnages issus du monde réel. Sarkozy, rien moins que lui, objet d’une joyeuse satire théatro-musicale, suivi de sa cohorte de veules courtisans et autres compétiteurs grotesques. Une opérette politique, en somme. Bon dieu, comme cela fait du bien, le théâtre musical ramené à sa source première.

Jean-Michel Ribes a tricoté un livret et des lyrics aux petits oignons. René l’énervé, bouillant Achille moderne, vibrionnant épicier poussé jusqu’au destin présidentiel, est élu en remplacement  du vieux chef de l’état : Les citoyens d’un pays imaginaire cherchent un nouveau leader, leur vieux président malade s’en allant. Soudain, ils aperçoivent un petit homme agité courant matin et soir. Il se nomme René. Énergique et courant droit, n’appréciant que le bon sens. René est repéré par le parti majoritaire. L’heure est électorale et René est matinal. Soutenu par sa mère, René devient l’homme providentiel d’un pays en mal d’autorité à poigne et de confort sécuritaire. Autour de lui, des opposants s’opposent, emmenés par Ginette et Gaufrette, résume le programme.

Les scènes de Ribes – en vers de rimes plates, comme pour souligner la dimension parodique – sont très souvent désopilantes et s’attaquent aux épisodes qui ont marqué le quinquennat. Le personnage étant un bonheur pour les auteurs … Habile, Ribes écrit ses lyrics avec soin – il les bichonne, il les polit, il les sophistique (j’ai noté quelques rimes internes, de la rime senée, aussi, et quelques autres façons de lettré qui donnent de la tournure et font sonner l’esprit). Si quelques vers sentent parfois légèrement le dictionnaire de rimes – ce qui prouve qu’au moins lui en a un et sait s’en servir – la grande qualité générale des lyrics fut un bonheur pour moi.
La partition de Reinhardt Wagner mérite des éloges; l’esprit de Weill plane, discrètement – efficacement. L’écriture inventive, à la fois mélodique et subtilement aride – le « joli » opérettique n’est pas une règle à suivre absolument – , les sections de style et d’humeur différentes qui s’ajustent les unes aux autres, le souci de la prosodie et de la bonne compréhensibilité du texte, dénotent d’une maîtrise d’écriture certaine et d’un vrai sens du théâtre musical.
Très étrangement, on apprécie encore plus la partition de René l’Enervé au disque. Pourquoi ? Le son, sans doute, qui n’est pas des plus flatteurs pour l’ensemble instrumental. Le piano sonne  assez « Bontempi » là ou l’on attend une chaleur, une plénitude ou une verdeur – du Steinway grand concert au piano « bastringue » … -, qui enrichit l’orchestration de ses harmoniques au lieu de l’aplatir (cela rend toutes les doublures de lignes mélodiques et la fonction de remplissage harmonique du piano spécialement fades et pesantes) – une orchestration pour petit ensemble   de poly-instrumentistes (remarquables musiciens !) alla Weill, justement.
J’étais par ailleurs gêné de remarquer que l’ensemble instrumental ne sonne  pas homogène. Question d’acoustique, sans doute. Mais aussi, et sûrement, de direction musicale,  que j’ai trouvé ce soir là routinière et sans feu, sans réelle conception stylistique globale, plus attachée à la cohésion rythmique générale et à la battue  qu’à la couleur et au velouté qu’appelle justement, par la loi des contrastes, la musique de Reinhardt Wagner  (qui demande, de mon point de vue, que s’accordent subtilement, comme dans les ouvrages de théâtre musical de Weill, rigueur et saveur).

René, c’est le formidable Thomas Morris, une personnalité bien chantante dont la vis comica ne se dément jamais tout du long de ces 2h30 de spectacle. Transformé en petit trotteur agité au physique ingrat, l’artiste réussit le tour de force de ne jamais charger le trait — la farce s’épanouit alors d’elle-même tant l’évocation du petit Nicolas devenu grand s’approche de la vérité. Un petit chœur antique – et à l’antique – introduit et commente les scènes et situations de la pièce. Ribes nous amuse de références à la vie de Notre Président pour de vrai  (sa campagne, sa mère, Neuilly, son élection, son goût pour le « bon sens », son divorce, son remariage avec Carla, la Chasse au Roms, etc….), transformées en délirants numéros musicaux – l’ensemble de la talonnette ou la chanson sur les Arabes, l’épisode « bling bling » faisant par exemple partie de ces moments les plus réjouissants du spectacle. Affublé à mi-parcours d’un double – un « autre lui-même » censé, que j’ai analysé comme l’émanation de ce qu’il aurait pu être au lieu de ce qu’il est – assiste effondré, effaré, à l’irrésistible ascension d’un abruti que rien ne peut ramener à la raison. Jacques Verzier, remarquable à son habitude, incarne ce René 2  avec une telle humanité qu’on se prend à presque éprouver de la sympathie (ou de la pitié) pour l’énergumène René 1. On se rappelle soudain avec gêne que ce dernier est un démarquage de Sarkozy – et l’on s’en veut presque d’avoir failli s’adonner au péché d’empathie… Le miracle du théâtre.
Autres personnages délirants et désopilants, Ginette et Gaufrette, Martine Aubry et Ségolène Royal croquées par un Ribes déchaîné. Martine semble plus vraie que nature – un peu tarte et gourmée, s’attachant à rattraper les bourdes de sa tribu en courageuse vraie bonne fille (Sophie Angebault, juste parfaite).  Ginette/Ségolène, emportée et grisée par son propre lyrisme un tantinet ridicule, est portraiturée avec brio par une Emmanuelle Goizé au meilleur de sa forme — irrésistible.
On ne dira jamais assez de bien de l’équipe du spectacle, parmi laquelle se distingue également Gilles Vajou, artiste impeccable d’une suprême élégance,  Till Fechner – ministre mi-Hortefeux, mi-Guéant- à l’autorité certaine, les gorgeous et bien chantants Benjamin Colin et Guillaume Severac-Schmitz, Sinan Bertrand (toujours irrésistible), Sébastien Lemoine (épatant), et Rachel Pignot (un délicieux rossignol dans le gosier) ou Jeanne-Marie Lévy, tordante Mamaman du Président.

En somme, et pour résumer, un spectacle qu’il est de salubrité publique d’aller voir !

Broadway | 12.09.2011 - 14 h 32 | 1 COMMENTAIRES
Un casting all-stars pour une lecture de « 8 », la pièce de Dustin Lance Black

8, la toute nouvelle pièce de Dustin Lance Black aura droit à un casting all-stars pour une lecture exceptionnelle le 19 septembre prochain à New York. L’œuvre est un compte-rendu du procès Perry vs Schwarzenegger qui a tenté de remettre en cause la célèbre Proposition 8, qui a interdit aux gays et aux lesbiennes de se marier en Californie, sera lue par Morgan Freeman, Anthony Edwards (Greene dans Urgences), le fondateur d’Act Up-New York et dramaturge Larry Kramer, Cheyenne Jackson, John Lithgow (Trinity dans la saison 4 de Dexter).

Dustin Lance Black, scénariste et dramaturge ouvertement gay, a obtenu un Oscar pour le scénario d’Harvey Milk, le film dirigé par Gus Van Sant.

France | 09.09.2011 - 16 h 19 | 5 COMMENTAIRES
Le programme de l’année à Paris

Le site Regard en coulisse a listé toutes les comédies musicales qui seront produites à Paris dans la saison qui vient… Notre sélection.

Étiquettes : , ,

Le site Regard en coulisse a listé toutes les comédies musicales qui seront produites à Paris dans la saison qui vient… Lire Saison 2011-2012, le Programme .

On retiendra en particulier la reprise de The Sound of Music (la Mélodie du bonheur) au Châtelet. A l’époque de sa création, en 2009, nous lui avions d’ailleurs consacré une série de reportages.  Si vous l’aviez manqué à l’époque, courez-y.

Autre revenant, Cabaret, que l’on pourra revoir au Théâtre Marigny. Claire Pérot incarne toujours Sally Bowles et le Maître de Cérémonie a été confié à… Emmanuel Moire.

Hairspray, sera également de retour, cette fois-ci à l’Espace Pierre Cardin.

Côté création/import de Broadway, on salue l’arrivée – enfin! – d’Avenue Q , à Bobino, en février. L’adaptation est signée Bruno Gaccio.

Côté français, on parle beaucoup de René l’énervé de Jean-Michel Ribes, au Théâtre du Rond Point… A voir, donc…

Broadway | 01.08.2011 - 17 h 23 | 0 COMMENTAIRES
On se marie aussi à Broadway

On se marie du côté de Hair et de Avenue Q.

Étiquettes : ,

Suivant l’ouverture au mariage pour les couples de même sexe dans l’Etat de New York le 24 juillet dernier, plusieurs couples se sont mariés sur la scène de Hair. Voir le photo reportage sur Broadwayworld.com

Les marionnettes ne sont pas en reste! Ainsi, Rod et Ricky, d’Avenue Q se mariés devant la caméra d’Advocate.com, accompagnés de Kate Monster. « Il y a la famille dans laquelle vous êtes né et celle que vous créez », a commenté Rod, qui fut longtemps dans le placard (cf. les chansons If you were gay et My girlfriend who lives in Canada). Cliquez sur l’image pour voir la vidéo.


Enfin, notons que Denis O’Hare, qui a lui même épousé son compagnon, apparaît régulièrement sur les scènes de Broadway. Il y a même gagné de nombreux prix, dont un Tony Award pour la pièce Take me Out. Côté comédie musicale, son interprétation du tueur de président américain Charles Guiteau dans le Assassins de Sondheim lui avait également valu une nomination à ce même prix.

Broadway | 24.06.2011 - 14 h 25 | 3 COMMENTAIRES
« Broadway is not just for gays anymore »

Neil Patrick Harris interprète « Broadway is not just for gays anymore » en ouverture des 65ème Tony Awards. Hilarant.

Étiquettes : ,

Un oubli impardonnable. Lors de notre post sur les Tony Awards, nous n’avons pas mentionné le génial numéro d’ouverture, brillamment interprété par Neil Patrick Harris. Cela s’appelle Broadway is not just for gays anymore et bien sûr le numéro est on ne peut plus gay… A noter la participation d’hétéros dans le public, dont Brooke Shields, qui s’emmêle un peu les pinceaux. Du grand art.

L’oubli est maintenant réparé!

France | 17.06.2011 - 15 h 39 | 0 COMMENTAIRES
Le Choeur de Pierre et Les Barrés de Broadway en concert

Deux concerts pour les amateurs du répertoire de la comédie musicale: Le choeur de Pierre et Les barrés de Broadway

Étiquettes : ,

Deux concerts pour les amateurs du répertoire de la comédie musicale:

Le Chœur de Pierre, dirigé par Pierre Babolat sera en concert au Chantier, 24 rue Hénard, Paris XIIè, dimanche 19 juin. Au programme: des extraits de Cats, Annie Get Your GunA Chorus Line, Porgy and Bess, ou encore d’Aladdin et de L’Étrange Noël de Monsieur Jack.


Les barrés de Broadway, eux seront en concert le 26 juin à 18h au Théâtre du Ranelagh. Cette toute nouvelle troupe présentera pour la première fois son tout premier spectacle: Thank you Mr Mackintosh, du nom du grand producteur anglais de comédie musicales. Au menu, extraits de Follies, Martin Guerre, Le Fantôme de l’Opéra, La petite boutique des horreurs, etc.