Avec des airs de Cole Porter, Gershwin, Jerome Kern, “Broadway Lights” illumine la scène du Châtelet

Broadway Lights, au Châtelet
Rarement, les amateurs de comédie musicale n’avaient été aussi gâtés que lors du spectacle “Broadway Lights”, conçu par Christophe Mirambeau, et dont l’objectif était de faire découvrir et redécouvrir 50 ans de créations américaines (1903-1950) sur les scènes parisiennes. Étant l’un des trois auteurs de ce blog Glitter and be gay, vous allez penser, chères lectrices et chers lecteurs, que l’auteur de ces lignes n’est pas objectif. Mais vous n’aurez qu’en partie raison. J’ai été totalement subjugué par l’émotion et la qualité de ce qu’il m’a été donné d’entendre au théâtre du Châtelet. Tout concourait à faire de ce spectacle une réussite: l’intelligence du choix des œuvres proposées (Porter, Beer, Kern, Gershwin), la beauté des orchestrations spécialement conçues pour l’occasion, l’énergie des interprètes (Pradon surprenant, Loïc Félix magnifique ténor, Liz Callaway vivace et Frédérique Varda divine soprano colorature). David Charles Abell prenait visiblement beaucoup de plaisir à diriger l’orchestre Pasdeloup. Une Symphonic selection de Show Boat (Mississippi, créé au Châtelet en 1929) donna le ton. Enfin, nous pouvions déguster des chefs-d’œuvre du théâtre musical américain avec toute la richesse d’un formidable orchestre.
Un intense moment d’émotion lorsque Mirambeau a annoncé la création française de Ô toi, beauté que j’adore, mélodie sublime extraite des Noces Polonaises de Joseph Beer, spectacle qui devait être créé en décembre 1940. L’occupation allemande obligea Joseph Beer, juif polonais réfugié à Paris après avoir triomphé à Vienne, à fuir à nouveau. Soixante-dix ans plus tard, sa veuve était là pour entendre pour la première fois cette œuvre magnifique.
La veille du concert, les répétitions que nous avions filmées (voir la vidéo) m’avaient déjà donné l’eau à la bouche. Mais c’est avec une joie intense, que sous le ciel glacé de Paris, je me suis surpris le soir à fredonner plusieurs mélodies de Broadway Lights, qui avait illuminé deux heures durant le Châtelet.

Et je dirai même plus… Ce fut un pur moment de bonheur où tout a concouru, grâce à la conception de ce spectacle, pour nous faire vivre quelques rares heures d’émotion et de félicité. La minute de silence qui suivit Le Cygne d’étang, Rhapsodie pour soprano colorature, notre Frédérique Varda,en fut témoin. Il est à rappeler que nous devons cette compositon à Jean-Philippe Bec et que ce fut une création mondiale. Comme il est émouvant d’écouter vibrer le Châtelet. Encore merci ! Puisqu’aimez c’est mentir… Puisqu’aimez c’est trahir… ah ! Le chant du Tzigane… Il est très fort Christophe Mirambeau…
Je ne peux qu’abonder dans le sens de Christophe. C’était magnifique de bout en bout.