Nine, une adaptation ratée
Et encore une adaptation cinéma ratée! Comme le souligne la délicieuse Yvonne Nguyen, de Regard en Coulisse, l’adaptation sur grand écran de la comédie musicale Nine (paroles et lyrics de Maury Yeston, livret Arthur Kopit), elle-même inspirée par le 8 1/2 de Fellini, a fait la quasi unanimité contre elle.
Non sans raison, tant le film cumule les étrangetés, les maladresses et les non-sens:
- Le style de plusieurs scènes est complètement pompé sur Cabaret et Chicago (réalisé au cinéma par Rob Marshall, justement), notamment le numéro Be Italian, emmené par Fergie.
- Le casting, qui aligne les grands noms, n’est guère judicieux. Pour incarner l’actrice typiquement italienne que fait tourner le héros du film Guido Contini (Daniel Day Lewis, qui en fait des tonnes), Fellini avait choisi Claudia Cardinale. Marshall choisit… Nicole Kidman. Dans le genre italien, on a fait mieux, non? La maîtresse de Contini, Carla, est interprétée par Penélope Cruz, qui est espagnole, comme chacun sait. Vu de Hollywood, l’Espagne, l’Italie, c’est sans doute un peu la même chose… Et que dire de sa performance très « Showgirls avec soutien-gorge » (expression © Maxime Donzel) sur A call from the Vatican? Le numéro Folies Bergères n’est guère mieux servi. Il est censé évoquer la gloire du music-hall à la française. Et c’est… la très british Judi Dench qui s’est vue confier le rôle. Excellente en comédie, comme toujours, l’actrice semble peu à son aise et peu à son avantage sur la chanson qui avait valu son Tony Award à Liliane Montevecchi.
- De nombreux titres ont été coupés par rapport à la version de Broadway. Trois nouveaux ont été ajoutés, dont le consternant Cinema italiano, sur lequel se trémousse Kate Hudson. C’est le moment le plus ridicule du film.
- Seule Marion Cotillard tire son épingle du jeu dans le rôle de Luisa, la femme délaissée, tout particulièrement lors de l’émouvant My husband makes movies.
Bref, une grosse déception. Au moins Nine donne-t-il envie de voir ou revoir 8 1/2. C’est peut-être son principal mérite.


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