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GLITTER AND BE GAY
Un blog à trois voix consacré au théâtre musical
Broadway | Châtelet | Critique | 30.01.2013 - 00 h 56 | 1 COMMENTAIRES
Street Scene au Châtelet, un Broadway opera.

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Street Scene au Châtelet

Street Scene au Châtelet

Le Châtelet poursuit sa saison Broadway par la création parisienne de Street Scene, l’opéra américain de Kurt Weil ; un chef-d’oeuvre absolu qui n’avait jamais eu les honneurs d’une présentation dans la Capitale.Le Châtelet a importé la production du Young Vic Theatre de Londres, co-produit en 2008 avec le Watford Palace Theatre. Il faut bien sûr saluer la belle idée du Châtelet. Comment Paris pouvait-il encore ignorer ce chef d’oeuvre absolu de l’opéra américain [même si l’oeuvre fut originellement créée à Broadway à l’Adelphi Theatre, le 9 janvier 1947] ? Street Scene que l’on dénomme également Broadway Opera est la synthèse — du moins selon les souhaits de Kurt Weill — du Broadway Show et de l’Opéra européen. Une écriture lyrique qui fleure bon son XX° siècle viennois,  revue par le  style  musical, une orchestration sophistiquée — signée de Weill lui-même, quand la tradition de la République du Spectacle permet que des orchestrateurs s’emparent de la particelle originale — , un travail harmonique singulier, un sens inouï de la scène, hérité des expériences antérieures de Weill [ du Brecht de l’Opéra de Quat’ Sous écrit avec Brecht au génial opéra bouffe Der Zar Läss sich photographieren (le texte en est signé du remarquable dramaturge berlinois Georg Kaiser) en passant par cet extraordinaire musical qu’est Lady in the Dark  (Moss Hart & Ira Gershwin) ou encore l’intéressant Love Life (Alan Jay Lerner)] … l’ensemble au service d’un chronique dramatique théâtralement sans défaut — signée du reste de deux des plus grands noms du théâtre et de la poésie américains.

Chaque écoute de l’oeuvre est un éblouissement, de nouvelles beautés s’en dégagent, de nouvelles surprises dramatico-musicales se font jour — on croit l’avoir explorée quand soudain, un subtil détail paraît et renforce encore la fascination que Street Scene provoque chez ceux qui découvrent l’ouvrage.
La production présentée au Châtelet obtint en 2008 à Londres l’Evening Standard Award pour Best musical. On serait bien tenté, à voir cette production reprise cinq ans plus tard, de se demander pourquoi. Ce n’est d’abord pas une production « complète »; tout au plus, une production « semi-staged » améliorée, dont les défauts m’apparaissent criants. A commencer par le parti-pris de direction d’acteur, qui fait de l’illustration gestuelle des lyrics une règle que l’on subit deux heures trente durant. Je fus gêné également des « chanteurs à rôles multiples »,  trop reconnaissables et sans véritable caractérisation de personnage pour chacune de leurs incarnation. L’absence de décors — une construction en bois, dans laquelle est logée l’orchestre sur un rez-de-chaussée et un étage, desservi par deux escaliers censés figurer l’accès des immeubles où vivent les habitants de cette Street — se veut palliée par un travail sur le son de la rue (y compris le chien d’une locataire, qu’elle promène régulièrement), diffusée par les hauts parleurs. Le parti pris tourne hélas un peu trop court. La manière dont la pièce est écrite, finalement, se venge : elle exige un certain réalisme dans la réalisation scénique. Si l’action n’est jamais mélodramatique, les personnages dessinées par Elmer Rice pourraient être ceux d’un mélo. Et le contraste entre le « type » de personnages et leur traitement demande, pour être encore plus sensible, prégnant et porteur de sens, une décoration réaliste, voire terriblement convenue, au raz des didascalies de décor.

La distribution du spectacle est inégale. J’ai cru un instant que le ténor incarnant Sam, Paul Curievici, allait me transporter dans un de ces délices vocaux qui font ma gourmandise : son timbre de ténor léger, spécifiquement anglo-saxon, sa voix ductile et souple, son jeu convaincant perdent soudain toute saveur dès que la tessiture se tend. La voix devient alors terriblement incertaine, les aigus semblent instables et inconfortables — la sensation qui en résulte m’a provoqué quelques violentes frustrations musicales. En revanche Geof Dolton est un Frank Maurrant particulièrement crédible et singulièrement effrayant — la violence qui sourd de chacune de ses répliques ou sous chacun de ses mouvements et ne demande qu’à exploser bientôt est tout à fait impressionnante. L’habileté du chanteur comme celle de l’acteur portent à l’admiration. Du côté des filles, Sarah Redgwick incarne une Anna Maurrant très touchante, tout comme Susanna Hurrel, au chant élégant et racé (Rose Maurrant).
L’Orchestre des Concerts Pasdeloup était mené par la baguette de Tim Murray, simplement excellent. Le Pasdeloup, d’une grande tenue, était desservi par le décor qui l’enserrait : trop loin en scène (l’espace de la fosse, conservé, n’aidait pas à diminuer cette sensation d’éloignement), il eut mérité d’être mieux sonorisé, d’autant que le nombre de cordes, qui est nettement dicté par la place disponible dans l’espace imparti a l’orchestre au sein du décor, s’avère terriblement insuffisant. Quand l’harmonie et la batterie pétaradent avec allégresse, les cordes ne sont qu’un tapis indistinct et lointain. Cela gâcha un peu mon plaisir .

L’Opéra de Toulon avait fait la création française de l’ouvrage il y a deux saisons, dans une mise en scène réussie et inventive d ‘Olivier Bénézech — une distribution anglo-saxonne excellente, une réalisation musicale soignée et de très bonne tenue, malgré des moyens financiers qui ne sont naturellement pas ceux d’un théâtre de la capitale. Je me suis pris à regretter, durant la représentation, que ce ne fût pas cette production qui ait été reprise au Châtelet.

lien intéressant : 

 

 

Pour info, l’Orchestre des Concerts Pasdeloup donnera un concert au Châtelet ce prochain samedi 2 février, avec la merveilleuse et ravissante soprano algérienne Amel Brahim-Djelloul dans un programme qui ose des pages symphoniques de Wagner, avec les Chants d’Auvergne de Joseph Canteloube et surtout Hélix (que l’on peut déjà écouter ici, aux Prom’s) du célèbre maestro et compositeur contemporain Esa-Pekka Salonen, qu’il faut absolument découvrir, pour ceux qui n’ont pas encore eu l’occasion d’entendre sa musique.

Broadway | 12.09.2011 - 14 h 32 | 1 COMMENTAIRES
Un casting all-stars pour une lecture de « 8 », la pièce de Dustin Lance Black

8, la toute nouvelle pièce de Dustin Lance Black aura droit à un casting all-stars pour une lecture exceptionnelle le 19 septembre prochain à New York. L’œuvre est un compte-rendu du procès Perry vs Schwarzenegger qui a tenté de remettre en cause la célèbre Proposition 8, qui a interdit aux gays et aux lesbiennes de se marier en Californie, sera lue par Morgan Freeman, Anthony Edwards (Greene dans Urgences), le fondateur d’Act Up-New York et dramaturge Larry Kramer, Cheyenne Jackson, John Lithgow (Trinity dans la saison 4 de Dexter).

Dustin Lance Black, scénariste et dramaturge ouvertement gay, a obtenu un Oscar pour le scénario d’Harvey Milk, le film dirigé par Gus Van Sant.

Broadway | 01.08.2011 - 17 h 23 | 0 COMMENTAIRES
On se marie aussi à Broadway

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Suivant l’ouverture au mariage pour les couples de même sexe dans l’Etat de New York le 24 juillet dernier, plusieurs couples se sont mariés sur la scène de Hair. Voir le photo reportage sur Broadwayworld.com

Les marionnettes ne sont pas en reste! Ainsi, Rod et Ricky, d’Avenue Q se mariés devant la caméra d’Advocate.com, accompagnés de Kate Monster. « Il y a la famille dans laquelle vous êtes né et celle que vous créez », a commenté Rod, qui fut longtemps dans le placard (cf. les chansons If you were gay et My girlfriend who lives in Canada). Cliquez sur l’image pour voir la vidéo.


Enfin, notons que Denis O’Hare, qui a lui même épousé son compagnon, apparaît régulièrement sur les scènes de Broadway. Il y a même gagné de nombreux prix, dont un Tony Award pour la pièce Take me Out. Côté comédie musicale, son interprétation du tueur de président américain Charles Guiteau dans le Assassins de Sondheim lui avait également valu une nomination à ce même prix.

Broadway | 24.06.2011 - 14 h 25 | 3 COMMENTAIRES
« Broadway is not just for gays anymore »

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Un oubli impardonnable. Lors de notre post sur les Tony Awards, nous n’avons pas mentionné le génial numéro d’ouverture, brillamment interprété par Neil Patrick Harris. Cela s’appelle Broadway is not just for gays anymore et bien sûr le numéro est on ne peut plus gay… A noter la participation d’hétéros dans le public, dont Brooke Shields, qui s’emmêle un peu les pinceaux. Du grand art.

L’oubli est maintenant réparé!

Broadway | 13.06.2011 - 11 h 02 | 3 COMMENTAIRES
The Book of Mormon et The Normal Heart triomphent aux Tony Awards

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La cérémonie des Tony Awards s’est tenue hier soir à New York. Le grand vainqueur de la soirée est incontestablement The Book of Mormon (photo ci-dessus), qui repart avec 9 trophées  (il était nominé 14 fois), dont celui, très convoité, de meilleure comédie musicale. L’œuvre,  signée Trey Parker, Matt Stone (South Park) et Robert Lopez (Avenue Q), raconte l’histoire de deux mormons envoyés en Ouganda pour évangéliser les foules. Avec de tels auteurs, le résultat est forcément hilarant et plus que gay-friendly.

Voir ci-dessous, I Believe, par Andrew Rannells, aux Tony Awards:

http://www.youtube.com/watch?v=tggtPHDmrR8&feature=player_embedded

Côté théâtre, on notera les trois Tony pour The Normal Heart, dont celui de Meilleur revival d’une pièce. La pièce de Larry Kramer, par ailleurs fondateur d’Act Up, met en scène l’histoire de Ned Weeks, un militant de la lutte contre le sida (très inspiré de Kramer lui-même)  au tout début de l’épidémie.

La liste complètes des vainqueurs se trouve sur le site des Tony Awards

Broadway | 06.05.2011 - 10 h 24 | 1 COMMENTAIRES
Arthur Laurents, auteur, metteur en scène et scénariste, est mort

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C’est l’un des personnages majeurs de la comédie musicale du XXè siècle qui vient de disparaître. Arthur Laurents est mort le 5 mai à 93 ans, des suites d’une pneumonie, selon le New York Times. Sa carrière au théâtre, couronnée par deux Tony Awards, l’a vu exercer ses talents comme librettiste et comme metteur en scène. On lui doit notamment les livrets des deux plus grandes comédies musicales américaines, West Side Story et Gypsy et la mise en scène des créations de La Cage aux Folles (livret d’Harvey Fierstein et musique de Jerry Hermann), Anyone Can Whistle (dont il a écrit le livret ; musique et des paroles de Stephen Sondheim) ou encore des revival de Gypsy, en 1974, 1989 et 2008 et West Side Story, en 2009. Au cinéma, il a écrit les scénarii de La Corde, d’Alfred Hitchcock ou de Nos plus belles années (The Way We Were), avec Robert Redford et Barbra Streisand. Ce dernier film s’inspire entre autres de ses engagements politiques, qui lui ont valu d’être « blacklisté » par Hollywood à l’époque du Maccarthysme.

Cet esprit acéré et occasionnellement cassant a également publié deux livres-mémoires, Original Story by, où il évoquait entre autres Tom Hatcher, le compagnon avec qui il a vécu plus de 50 ans, et Mainly on Directing: Gypsy, West Side Story, and Other Musicals.

Ci-dessous, quelques vidéos:
(suite…)

Broadway | France | 09.04.2011 - 19 h 50 | 0 COMMENTAIRES
SAUNA, le Musical — ou salle de bain ?

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Le magasine Bickpunkt Musical (www.blickpunktmusical.de) m’a demandé récemment une critique de Sauna, le musical qui se joue actuellement au théâtre Clavel. Le numéro d’Avril étant sorti, je vous livre cette critique, en français bien sûr.

La saison parisienne a été pour l’instant dominé par  trois  création d’un intérêt certain : Chienne, d’Alexandre Bonstein, La Nuit d’Elliot Fall de Vincent Daenen et Thierry Boulanger et la première française de She Loves Me au théâtre de Paris. Ces trois nouveautés marquent le  mouvement de renaissance de la comédie musicale en France, en marge des grandes machines internationales importées par Stage Entertainment à  Mogador ou aux Folies Bergère (« Lion King », « Cabaret », « Zorro », « Mamma Mia ») et des productions « opératiques » du Théâtre du Châtelet (« Show Boat », « My Fair Lady »).

Sauna le musical en création parisienne — titre original : Bathhouse —s’inscrit dans  cette volonté de  renouveau du spectacle musical hexagonal, hors du circuit subventionné et des maisons d’opéra — un  désir avant tout initié par les artistes eux-mêmes plus que par les producteurs (Diva, réseau des créateurs de théâtre musical, est à cet égard un acteur majeur de cette  renaissance).

Sauna est un musical de petite forme, créé en 2006 à Orlando à l’occasion du Fringe Theatre Festival, et joué à Londres ces deux saisons passées off West End.

On peut s’interroger sur le choix même de cet ouvrage. Bien des ouvrages de même format sont d’une tout autre voilure, mais, vrai ! Mais baste ! au Sauna, contentons-nous de fine vapeur…

On sait les difficultés actuelles de production que rencontre actuellement tout entrepreneur de théâtre musical en France.

Est-ce parce que l’œuvre s’avère incontournable que l’équipe de conception et de production a choisi de monter ce spectacle?

Est-ce parce que l’orientation gay — franchement gay — de l’œuvre garantit aux producteurs un marché captif, un fonds de public qui, quoi que soit le spectacle, se déplacera et remplira les fauteuils en raison de l’étiquette associée au spectacle ?

Ou bien, plus subtilement, s’agirait-il d’une cote mal taillée qui, aux perspectives et exigences économiques nécessaires à la survie d’un spectacle musical à Paris, associe le plaisir de la provocation, de l’inattendu — le mariage du chaud, du cul, et du chant ?

C’est sans doute ce qui rend ce spectacle si réjouissant. L’histoire est à peine un alibi qui aligne des poncifs et des lieux communs résumés autour d’un minuscule pitch : la visite guidée d’un sauna gay,  rencontre de ses habitués de tous genres (consommateurs de sexe, bisexuels mariés, jeunes délurés) à travers les aventures d’un jeune gay innocent et candide.

La partition de ce musical qui tire largement vers le cabaret-act chantant est d’assez peu d’intérêt. La pauvreté d’inspiration du couple d’auteurs, Tim Evanicki et Esther Daack, fait grand peine et s’avère même parfois gênante (le titre d’ouverture, « Le B-A ba du Sauna » ne peut hélas racheter un faux duo d’amour – «  Vaine chanson d’amour » dont la platitude mélodique absolue est l’un des sommets du Grand Rien). Il aura fallu l’imagination et l’habileté d’un jeune adaptateur français, Baptiste Delval, pour donner un peu de consistance fantasque à des lyrics trop attendus. À grand renfort de mots argotiques, de vulgarités balancées, Delval transforme l’oeuvrette en provocation quasi pornographique, et, miracle : on sourit, on s’amuse de tant de bite, couilles, poppers et godes jetés à l’emporte pièce au public en guise de pitance. On n’écoute dés lors que bien peu la musique, en se demandant quelle sera la nouvelle astuce de lyrics que l’adaptateur va user pour animer chansons et situations— certes en regrettant que l’œuvre exclue d’elle-même les hétéros du public, si tant est qu’il y en ait.

Ce genre d’ouvrage, si ténu, si faible, nécessite un cast particulièrement habile, un quatuor d’acteurs-chanteurs qui saurait par son propre abattage relever le musical du néant où il plonge irrémédiablement. À Londres, l’affaire était entendue : Le brio du cast « faisait tout ».

À Paris, hélas, tel n’est pas le cas. S’il fallait critiquer les artistes, ont noterait de l’un qu’il est aphone, de l’autre qu’il brâme en voulant montrer qu’il a la plus grosse (voix, naturellement), de celui-ci qu’il n’a pas encore la voix placée… Seul le jeune Grégory Garell remporte les suffrages : du charisme, un charme irrésistible, une couleur vocale intéressante et une tessiture au grand potentiel. La mise en scène se veut inventive, mais elle est hélas bornée par la capacité de jeu nettement limitée des comédiens — encore une fois, l’adaptation « tient » le show et sauve les artistes d’un jugement trop sévère. Pudibonderie à la française, dans une période ou malgré toute notre bonne volonté, le politiquement correct nous rattrape à grandes enjambées, point de nudité frontale, à l’inverse de Londres où les seuls costumes se résumaient à une serviette éponge par artiste. Ici, l’abus de petites culottes et slips affriolants — en porte-t-on dans un sauna ? — marque le pas d’une fausse pudeur en totale contradiction avec le sujet même du spectacle. Hypocrisie ? Il fallait certainement aller au bout (sans jeu de mots) du principe induit…

Or donc, ce ne sera donc pas demain la veille que Paris applaudira Naked Boys Singing, la désopilante revue qui porte si bien son titre et triomphe depuis cinq ans off Broadway !

Si Sauna n’est qu’une réussite artistiquement assez médiocre dans son ensemble, le public mâle se presse en masse au théâtre Clavel. Alors, même si c’est bien plus par attrait de la chair fraiche que par gout affirmé du musical, souhaitons que malgré tout cette entreprise ci soit à sa façon une pierre supplémentaire apportée à la renaissance du spectacle musical en France.

 

Broadway | 27.03.2011 - 10 h 52 | 1 COMMENTAIRES
Michael Cusamano remporte le « Broadway Beauty Pageant »

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De gauche à droite : Brandon Rubendall, Raymond J Lee, James Tabeek, Matt Anctil, and Michael Cusumano. Photo: http://newyork.metromix.com

Michael Cusamano a remporté le 20 mars dernier le 5è Broadway Beauty Pageant. L’événement, qu’il ne faut pas trop prendre au sérieux, permet de collecter des fonds pour le Ali Forney Center, l’équivalent américain du Refuge. Le concours impose trois épreuves aux candidats: une où ils doivent montrer leur talent, une interview et un défilé en maillot de bains.

En compétition on retrouvait Matt Anctil, Mr La Cage aux Folles, Raymond J. Lee, Mr Anything Goes, Brandon Rubendall, Mr Spider-Man, James Tabek, Mr Mary Poppins et enfin Michael Cusamano, Mr Chicago.

Ci-dessous: Michael Cusamano parodie Black Swan:

Ci-dessous, Matt Anctil en maillot de bain:

Toutes les photos sur New York Metromix

[via A cause des garçons]

Broadway | Cinéma | 08.01.2011 - 11 h 57 | 4 COMMENTAIRES
Barbra Streisand, bientôt dans Gypsy?

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Selon le New York Post, Barbra Streisand est actuellement en négociations pour jouer dans une nouvelle adaptation cinéma de la comédie musicale Gypsy. Elle y incarnerait bien sûr le rôle principal, celui de Mama Rose. Considérée comme l’une deux plus grandes comédies musicales américaines avec West Side Story, Gypsy est une adaptation des mémoires de la strip-teaseuse Gypsy Rose Lee. Contrairement au livre, la comédie musicale tourne surtout autour de la mère, Rose, mère monstrueuse qui fait tout pour que ses deux filles deviennent des stars du vaudeville. Grâce au livret d’Arthur Laurents, aux paroles de Stephen Sondheim, à la musique de Jule Styne et à la mise en scène de Jerome Robbins, Gypsy est devenue l’ultime rite de passage pour toute diva qui se respecte.

Interrogé par le New York Post, Arthur Laurents, 92 ans, affirme avoir donné son accord à la diva. Ces deux-là se connaissent bien: c’est dans I can get it for you wholesale, une comédie musicale dirigée par Laurents que Barbra a fait ses débuts et qu’elle a été remarquée et Laurents lui a écrit l’un de ses films les plus connus, The Way We Were (Nos plus belles années) avec Robert Redford.

Ce serait la deuxième adaptation cinéma pour Gyspy, qui avait déjà fait l’objet d’un film – décevant – en 1962 avec Rosalind Russell dans le rôle principal.

Broadway | Châtelet | Critique | France | 29.12.2010 - 00 h 06 | 6 COMMENTAIRES
My Fair Lady — Châtelet.

La Création Française de la version originale de My Fair Lady au Théâtre du Châtelet était un événement attendu. Création Française, car l’on ne peut véritablement considérer la tournée de l’ouvrage, il y a plus de dix ans  (à Mogador avec Richard Chamberlain) comme une vraie première locale.
On attendait merveilles de cette nouvelle production signée du grand Robert Carsen. Eh bien ! En effet. On a eu merveilles. La mise en scène de Carsen,  fluide, maline, est une vision très classique de l’ouvrage — mais faut-il vraiment une « relecture » de cette version musicale du Pygmalion de Shaw ? ce serait sans doute prendre le risque de dénaturer définitivement une pièce ancrée en son temps. Carsen s’est seulement permis de déplacer l’ouvrage à l’aube des années quarante — pour une question d’esthétique. On remarquera donc dans le spectacle tous les « gimmicks » habituels et passages obligés  des mises en scène de My Fair Lady — magnifiquement réalisés.

Le décor de Tim Hatley est d’une grande beauté. Intégralement dans les blancs, jouant des ombres et des lumières, des a-plats et des reliefs, imagine un Londres à la fois réaliste et délicieusement « de carte postale » — le décor de Covent Garden est particulièrement réussi — ou joue de sobriété, avec une justesse remarquable — l’intérieur de la demeure de Madame Higgins, aussi moderne que son fils est conservateur.

My Fair Lady, un thé à Ascot

De la distribution, l’on ne peut en dire que du bien : Sarah Gabriel est une touchante Eliza, qui sait varier sa palette d’expression, de la gouaille cockney à la grâce la plus exquise, tantôt populaire, tantôt élégante. son « Just You Wait » était particulièrement réussi et théâtral, « I Could Have Danced » d’un charme absolu, « Show Me » un peu en dessous — du point de vue de l’énergie, de l’énervement et de la rage qu’Eliza doit montrer — et pourtant convaincant. Ses partenaires sont admirables : Ed Lyoon est un Freddy plus que bien chantant (bien qu’on se passerait aisément de ces coquetteries de ténor qui ternissent la fin de « On The Street Where You Live »), drôle, séduisant, en un mot: exquis. Alex Jennings est un Professeur Higgins plus que parfait (que dire de plus après qu’il ait été couronné d’un Laurence Olivier Award pour ce même rôle à Londres, pour le revival de l’ouvrage en 2003). sa gestion du parler-chanter est impeccable, le personnage odieux et attachant à souhait, d’une réjouissante mufflerie, tout comme est délicieux le Pickering de Nicholas Le Prevost – parfait. Une mention spéciale pour Donald Maxwell, baryton d’opéra très connu des scènes lyriques, qui incarne le père Doolittle avec une fantaisie dont on ne se lasse pas – il n’est même pas la peine de noter la qualité musicale et vocale de son interprétation tant Maxwell excelle. L’ensemble de la distribution réunie ici par Jean Luc Choplin est, quoi qu’il en soit, à saluer bien bas.

My Fair Lady, Alex Jennings(Higgins) et Nicholas Le Prevost (Pickering), dans le bureau d'Higgins

Dans la fosse, l’Orchestre des Concerts Pasdeloup, dirigé par Kevin Farell — déjà en fosse pour, la saison précédente, Sound of Music. Le Pasdeloup est fidèle à sa réputation d’excellence : une fois encore, il accompagne le show avec toute la musicalité, le punch et le swing requis — rendant grâce à l’excellente partition de Loewe, compositeur phare de Broadway et maître parmi les maîtres du genre. Je n’ai en revanche pas été conquis par la direction musicale de Kevin Farell  : des molesses qui me paraissent contestables (la lourdeur de toute la coda de la valse de l’Ambassade de Transylvanie qui clôt le 1, « The Rain In Spain », dont la partie orchestrale brille par sa mollesse, malgré les efforts du Pasdeloup pour dynamiser un chef globalement peu passionnant – pareillement pour le petit choral qui conclut « You Did It » acte II) et des choix musicaux qui m’ont troublé : pourquoi ne pas suivre les indications de la partition, qui propose trois tempi différents (de plus en plus rapides) lors des « Poor Professor Higgins » chanté en choeur par les domestiques entre chacune des difficiles leçons d’Eliza (Acte I), et demeurer au  seul 1er tempo pour les trois interventions ? Pourquoi tant de maniérismes dans le « Just You Wait » d’Eliza ? Certes, il est agréable de voir un chef souligner la théâtralité d’une chanson, de le voir mettre en relief les raffinements musicaux qui accompagnent et servent le texte, mais de là à « plomber » toute une chanson pour montrer sa compréhension du numéro… Le spectateur que je suis a eu quelques sursauts d’agacement.

Malgré ce petit détail de direction d’orchestre, My Fair Lady est un des spectacles parmi les plus recommandables (si ce n’est le seul) qui se puisse voir dans un grand théâtre parisien en ce moment…