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GLITTER AND BE GAY
Un blog à trois voix consacré au théâtre musical
Broadway | 13.06.2011 - 11 h 02 | 3 COMMENTAIRES
The Book of Mormon et The Normal Heart triomphent aux Tony Awards

La cérémonie des Tony Awards s’est tenue hier soir à New York. Le grand vainqueur de la soirée est incontestablement The Book of Mormon, qui repart avec 9 trophées (il était nominé 14 fois), dont celui, très convoité, de meilleure comédie musicale.

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La cérémonie des Tony Awards s’est tenue hier soir à New York. Le grand vainqueur de la soirée est incontestablement The Book of Mormon (photo ci-dessus), qui repart avec 9 trophées  (il était nominé 14 fois), dont celui, très convoité, de meilleure comédie musicale. L’œuvre,  signée Trey Parker, Matt Stone (South Park) et Robert Lopez (Avenue Q), raconte l’histoire de deux mormons envoyés en Ouganda pour évangéliser les foules. Avec de tels auteurs, le résultat est forcément hilarant et plus que gay-friendly.

Voir ci-dessous, I Believe, par Andrew Rannells, aux Tony Awards:

http://www.youtube.com/watch?v=tggtPHDmrR8&feature=player_embedded

Côté théâtre, on notera les trois Tony pour The Normal Heart, dont celui de Meilleur revival d’une pièce. La pièce de Larry Kramer, par ailleurs fondateur d’Act Up, met en scène l’histoire de Ned Weeks, un militant de la lutte contre le sida (très inspiré de Kramer lui-même)  au tout début de l’épidémie.

La liste complètes des vainqueurs se trouve sur le site des Tony Awards

France | 10.06.2011 - 14 h 40 | 7 COMMENTAIRES
Emmanuel Moire rejoint le cast de Cabaret

Stage Entertainment vient d’annoncer qu’Emmanuel Moire avait rejoint le casting de Cabaret, qui reviendra à Paris en octobre. Un choix qui laisse dubitatif.

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Stage Entertainment vient d’annoncer qu’Emmanuel Moire avait rejoint le casting de Cabaret, qui reviendra à Paris en octobre. Le chanteur succèdera à Fabian Richard dans le rôle masculin principal, celui du maître de cérémonies. Un choix qui laisse un peu dubitatif vu que le chanteur s’est fait connaître dans le Roi Soleil, dans un univers on ne peut plus éloigné la comédie musicale de Ebb, Kander et Masteroff et du rôle vénéneux du MC, incarné au cinéma par Joel Grey.

C’est néanmoins le seul changement important au sein de la troupe. Les autres comédiens de Claire Pérot (Sally Bowles) à Catherine Arditi (Frau Schneider), en passant par l’excellente Delphine Grandsart (Fraülein Kost), ont tous rempilé.

France | 08.05.2011 - 13 h 09 | 2 COMMENTAIRES
« Cabaret » de retour à Paris

Stage Entertainment l’a annoncé cette semaine: Cabaret va faire son retour à Paris le 6 octobre prochain.

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Stage Entertainment l’a annoncé cette semaine: Cabaret va faire son retour à Paris le 6 octobre prochain. Le spectacle se posera au Théâtre Marigny pour 90 représentations, avant de partir en tournée dans toute la France. Côté casting, on sait seulement que Claire Pérot (au centre de l’image) reprendra le rôle de Sally Bowles, où elle avait brillé lors des représentations aux Folies Bergères entre 2006 et 2008. Des auditions sont en cours pour le reste de la distribution. La mise en scène, elle, sera toujours celle de Sam Mendes.

Cabaret est une œuvre de John Kander, Fred Ebb et Joe Masteroff, respectivement à la musique, aux paroles et au livret. Elle a été inspirée par le roman de Christopher Isherwood, Adieu à Berlin.

 

 

Broadway | 06.05.2011 - 10 h 24 | 1 COMMENTAIRES
Arthur Laurents, auteur, metteur en scène et scénariste, est mort

C’est l’un des personnages majeurs de la comédie musicale du XXè siècle qui vient de disparaître. Arthur Laurents a écrit le livret de « West Side Story » et les scénarii de « La Corde » et de « Nos plus belles années ».

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C’est l’un des personnages majeurs de la comédie musicale du XXè siècle qui vient de disparaître. Arthur Laurents est mort le 5 mai à 93 ans, des suites d’une pneumonie, selon le New York Times. Sa carrière au théâtre, couronnée par deux Tony Awards, l’a vu exercer ses talents comme librettiste et comme metteur en scène. On lui doit notamment les livrets des deux plus grandes comédies musicales américaines, West Side Story et Gypsy et la mise en scène des créations de La Cage aux Folles (livret d’Harvey Fierstein et musique de Jerry Hermann), Anyone Can Whistle (dont il a écrit le livret ; musique et des paroles de Stephen Sondheim) ou encore des revival de Gypsy, en 1974, 1989 et 2008 et West Side Story, en 2009. Au cinéma, il a écrit les scénarii de La Corde, d’Alfred Hitchcock ou de Nos plus belles années (The Way We Were), avec Robert Redford et Barbra Streisand. Ce dernier film s’inspire entre autres de ses engagements politiques, qui lui ont valu d’être « blacklisté » par Hollywood à l’époque du Maccarthysme.

Cet esprit acéré et occasionnellement cassant a également publié deux livres-mémoires, Original Story by, où il évoquait entre autres Tom Hatcher, le compagnon avec qui il a vécu plus de 50 ans, et Mainly on Directing: Gypsy, West Side Story, and Other Musicals.

Ci-dessous, quelques vidéos:
(suite…)

France | 22.04.2011 - 15 h 31 | 6 COMMENTAIRES
Evénement: Sweeney Todd au Châtelet

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Et de deux. Après A Little Night Music en février 2010, le théâtre du Chatelet présente Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street, de Stephen Sondheim. D’aucuns considèrent Sweeney Todd comme le chef d’œuvre du compositeur et lyriciste Stephen Sondheim. Si on n’est pas obligé de partager cet avis, tant certaines autres comédies musicales de l’américain regorgent de merveilles, force est de constater que cette histoire adaptée d’une pièce de Christopher Bond fait mouche à tous les niveaux. En particulier du côté de l’extraordinaire partition, qui se veut un hommage à Bernard Herrmann, compositeur de musiques de films – on lui doit les B.O. de nombreux Hitchcock.

Avec les gros moyens mis à sa disposition, la production du Châtelet rend un bel hommage à la démesure de l’œuvre. Près d’une quarantaine de comédiens sont présents sur scène, les premiers rôles se montrent solides (Rod Gilfry et Caroline O’Connor) et les seconds rôles  excellents (en particulier Nicholas Garrett et Pascal Charbonneau, qui incarnent respectivement Anthony et Toby). A la mise en scène, Lee Blakeley, à qui on doit déjà celle de A Little Night Music en février 2010,  reste relativement fidèle à celle d’Harold Prince – même si on se perd parfois dans les rideaux censés séparer les différents espaces. L’Ensemble orchestral de Paris (auquel succèdera l’Orchestre Pasdeloup), lui, permet d’entendre la musique de Sondheim avec un orchestre digne de ce nom, ce qui est de plus en plus rare sur Broadway, comme le compositeur lui-même le rappelle souvent. Mais était-il besoin de l’amplifier?

A voir d’urgence.

Yagg vous propose ci-dessous quelques extraits. Les habitués reconnaîtront The Ballad of Sweeney Todd, The Worst Pies in London, Johanna, A little Priest, Not While I’m around

Toutes les infos sur Sweeney Todd

Broadway | France | 09.04.2011 - 19 h 50 | 0 COMMENTAIRES
SAUNA, le Musical — ou salle de bain ?

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Le magasine Bickpunkt Musical (www.blickpunktmusical.de) m’a demandé récemment une critique de Sauna, le musical qui se joue actuellement au théâtre Clavel. Le numéro d’Avril étant sorti, je vous livre cette critique, en français bien sûr.

La saison parisienne a été pour l’instant dominé par  trois  création d’un intérêt certain : Chienne, d’Alexandre Bonstein, La Nuit d’Elliot Fall de Vincent Daenen et Thierry Boulanger et la première française de She Loves Me au théâtre de Paris. Ces trois nouveautés marquent le  mouvement de renaissance de la comédie musicale en France, en marge des grandes machines internationales importées par Stage Entertainment à  Mogador ou aux Folies Bergère (« Lion King », « Cabaret », « Zorro », « Mamma Mia ») et des productions « opératiques » du Théâtre du Châtelet (« Show Boat », « My Fair Lady »).

Sauna le musical en création parisienne — titre original : Bathhouse —s’inscrit dans  cette volonté de  renouveau du spectacle musical hexagonal, hors du circuit subventionné et des maisons d’opéra — un  désir avant tout initié par les artistes eux-mêmes plus que par les producteurs (Diva, réseau des créateurs de théâtre musical, est à cet égard un acteur majeur de cette  renaissance).

Sauna est un musical de petite forme, créé en 2006 à Orlando à l’occasion du Fringe Theatre Festival, et joué à Londres ces deux saisons passées off West End.

On peut s’interroger sur le choix même de cet ouvrage. Bien des ouvrages de même format sont d’une tout autre voilure, mais, vrai ! Mais baste ! au Sauna, contentons-nous de fine vapeur…

On sait les difficultés actuelles de production que rencontre actuellement tout entrepreneur de théâtre musical en France.

Est-ce parce que l’œuvre s’avère incontournable que l’équipe de conception et de production a choisi de monter ce spectacle?

Est-ce parce que l’orientation gay — franchement gay — de l’œuvre garantit aux producteurs un marché captif, un fonds de public qui, quoi que soit le spectacle, se déplacera et remplira les fauteuils en raison de l’étiquette associée au spectacle ?

Ou bien, plus subtilement, s’agirait-il d’une cote mal taillée qui, aux perspectives et exigences économiques nécessaires à la survie d’un spectacle musical à Paris, associe le plaisir de la provocation, de l’inattendu — le mariage du chaud, du cul, et du chant ?

C’est sans doute ce qui rend ce spectacle si réjouissant. L’histoire est à peine un alibi qui aligne des poncifs et des lieux communs résumés autour d’un minuscule pitch : la visite guidée d’un sauna gay,  rencontre de ses habitués de tous genres (consommateurs de sexe, bisexuels mariés, jeunes délurés) à travers les aventures d’un jeune gay innocent et candide.

La partition de ce musical qui tire largement vers le cabaret-act chantant est d’assez peu d’intérêt. La pauvreté d’inspiration du couple d’auteurs, Tim Evanicki et Esther Daack, fait grand peine et s’avère même parfois gênante (le titre d’ouverture, « Le B-A ba du Sauna » ne peut hélas racheter un faux duo d’amour – «  Vaine chanson d’amour » dont la platitude mélodique absolue est l’un des sommets du Grand Rien). Il aura fallu l’imagination et l’habileté d’un jeune adaptateur français, Baptiste Delval, pour donner un peu de consistance fantasque à des lyrics trop attendus. À grand renfort de mots argotiques, de vulgarités balancées, Delval transforme l’oeuvrette en provocation quasi pornographique, et, miracle : on sourit, on s’amuse de tant de bite, couilles, poppers et godes jetés à l’emporte pièce au public en guise de pitance. On n’écoute dés lors que bien peu la musique, en se demandant quelle sera la nouvelle astuce de lyrics que l’adaptateur va user pour animer chansons et situations— certes en regrettant que l’œuvre exclue d’elle-même les hétéros du public, si tant est qu’il y en ait.

Ce genre d’ouvrage, si ténu, si faible, nécessite un cast particulièrement habile, un quatuor d’acteurs-chanteurs qui saurait par son propre abattage relever le musical du néant où il plonge irrémédiablement. À Londres, l’affaire était entendue : Le brio du cast « faisait tout ».

À Paris, hélas, tel n’est pas le cas. S’il fallait critiquer les artistes, ont noterait de l’un qu’il est aphone, de l’autre qu’il brâme en voulant montrer qu’il a la plus grosse (voix, naturellement), de celui-ci qu’il n’a pas encore la voix placée… Seul le jeune Grégory Garell remporte les suffrages : du charisme, un charme irrésistible, une couleur vocale intéressante et une tessiture au grand potentiel. La mise en scène se veut inventive, mais elle est hélas bornée par la capacité de jeu nettement limitée des comédiens — encore une fois, l’adaptation « tient » le show et sauve les artistes d’un jugement trop sévère. Pudibonderie à la française, dans une période ou malgré toute notre bonne volonté, le politiquement correct nous rattrape à grandes enjambées, point de nudité frontale, à l’inverse de Londres où les seuls costumes se résumaient à une serviette éponge par artiste. Ici, l’abus de petites culottes et slips affriolants — en porte-t-on dans un sauna ? — marque le pas d’une fausse pudeur en totale contradiction avec le sujet même du spectacle. Hypocrisie ? Il fallait certainement aller au bout (sans jeu de mots) du principe induit…

Or donc, ce ne sera donc pas demain la veille que Paris applaudira Naked Boys Singing, la désopilante revue qui porte si bien son titre et triomphe depuis cinq ans off Broadway !

Si Sauna n’est qu’une réussite artistiquement assez médiocre dans son ensemble, le public mâle se presse en masse au théâtre Clavel. Alors, même si c’est bien plus par attrait de la chair fraiche que par gout affirmé du musical, souhaitons que malgré tout cette entreprise ci soit à sa façon une pierre supplémentaire apportée à la renaissance du spectacle musical en France.

 

Broadway | 27.03.2011 - 10 h 52 | 1 COMMENTAIRES
Michael Cusamano remporte le « Broadway Beauty Pageant »

Michael Cusamano a remporté le 20 mars dernier le 5è Broadway Beauty Pageant. L’événement, qu’il ne faut pas trop prendre au sérieux, permet de collecter des fonds pour le Ali Forney Center, l’équivalent américain du Refuge.

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De gauche à droite : Brandon Rubendall, Raymond J Lee, James Tabeek, Matt Anctil, and Michael Cusumano. Photo: http://newyork.metromix.com

Michael Cusamano a remporté le 20 mars dernier le 5è Broadway Beauty Pageant. L’événement, qu’il ne faut pas trop prendre au sérieux, permet de collecter des fonds pour le Ali Forney Center, l’équivalent américain du Refuge. Le concours impose trois épreuves aux candidats: une où ils doivent montrer leur talent, une interview et un défilé en maillot de bains.

En compétition on retrouvait Matt Anctil, Mr La Cage aux Folles, Raymond J. Lee, Mr Anything Goes, Brandon Rubendall, Mr Spider-Man, James Tabek, Mr Mary Poppins et enfin Michael Cusamano, Mr Chicago.

Ci-dessous: Michael Cusamano parodie Black Swan:

Ci-dessous, Matt Anctil en maillot de bain:

Toutes les photos sur New York Metromix

[via A cause des garçons]

France | 13.02.2011 - 11 h 40 | 0 COMMENTAIRES
Tea-dance « Life is a musical » le 3 avril prochain

Envie de danser sur All that jazz ou You can’t stop the beat? Le tea-dance Life is a musical revient pour une deuxième édition le 3 avril prochain au Tango à Paris.

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Envie de danser sur All that jazz ou You can’t stop the beat? Le tea-dance Life is a musical revient pour une deuxième édition le 3 avril prochain au Tango à Paris. Au menu: musique 100% Broadway et performances live par les élèves de l’AICOM…

Toute les infos sur le site Lifeisamusical.fr

Broadway | Cinéma | 08.01.2011 - 11 h 57 | 4 COMMENTAIRES
Barbra Streisand, bientôt dans Gypsy?

Selon le New York Post, Barbra Streisand est actuellement en négociations pour jouer dans une nouvelle adaptation cinéma de la comédie musicale Gypsy.

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Selon le New York Post, Barbra Streisand est actuellement en négociations pour jouer dans une nouvelle adaptation cinéma de la comédie musicale Gypsy. Elle y incarnerait bien sûr le rôle principal, celui de Mama Rose. Considérée comme l’une deux plus grandes comédies musicales américaines avec West Side Story, Gypsy est une adaptation des mémoires de la strip-teaseuse Gypsy Rose Lee. Contrairement au livre, la comédie musicale tourne surtout autour de la mère, Rose, mère monstrueuse qui fait tout pour que ses deux filles deviennent des stars du vaudeville. Grâce au livret d’Arthur Laurents, aux paroles de Stephen Sondheim, à la musique de Jule Styne et à la mise en scène de Jerome Robbins, Gypsy est devenue l’ultime rite de passage pour toute diva qui se respecte.

Interrogé par le New York Post, Arthur Laurents, 92 ans, affirme avoir donné son accord à la diva. Ces deux-là se connaissent bien: c’est dans I can get it for you wholesale, une comédie musicale dirigée par Laurents que Barbra a fait ses débuts et qu’elle a été remarquée et Laurents lui a écrit l’un de ses films les plus connus, The Way We Were (Nos plus belles années) avec Robert Redford.

Ce serait la deuxième adaptation cinéma pour Gyspy, qui avait déjà fait l’objet d’un film – décevant – en 1962 avec Rosalind Russell dans le rôle principal.

Critique | 29.12.2010 - 01 h 38 | 4 COMMENTAIRES
« Phi-Phi » à l’Athénée: un chef d’œuvre de grivoiserie chic

L’opérette est morte, c’est un fait. Alors, quand elle renaît de temps en temps de ses cendres, il ne faut pas se priver d’en profiter !
Ainsi, ce Phi-phi, d’Albert Willemetz et Henri Christiné, que présentent actuellement la Compagnie des Brigands à l’Athénée-Louis Jouvet.

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L’opérette est morte, c’est un fait. Alors, quand elle renaît de temps en temps de ses cendres, il ne faut pas se priver d’en profiter !
Ainsi, ce Phi-phi, d’Albert Willemetz et Henri Christiné, que présentent actuellement la Compagnie des Brigands à l’Athénée-Louis Jouvet.
Opérette-péplum qui rénova le genre léger au lendemain (pour de vrai !) de l’Armistice de 1918, grâce à l’introduction des rythmes de jazz et de la jambe nue dans un genre qui évoluait naguère dans les crinolines d’opéra-comique, Phi-phi raconte les aventures conjugales et extra-conjugales du fameux sculpteur grec Phidias – et de ses contemporains : Aspasie, maîtresse de Périclès, Madame Phidias, le Prince… Ardimédon et Le Pirée (oui, oui, le port perd ici son T  pour gagner un C quand il le faut, et devient un délicieux personnage… d’opérette). Phi-phi est une opérette légère aux couplets « gaulois », chef d’œuvre de grivoiserie chic, de sous entendus sexe et de situations délicieusement épicées et coquines. Pour dire clair, on y parle et chante « cul » durant trois actes (dont au moins deux sexuels).
Régulièrement massacré par des troupes amateur et des productions cheap, dans des décors néo gréco-romains en lycra-rayonne et dans des arrangements musicaux des plus douteux [et c’est le spécialiste d’Albert Willemetz qui vous le dit, et plus généralement du musical français d’entre-deux guerres, ndlr], Les Brigands ont réussi le pari de donne l’oeuvre dans son entièreté tout en évitant le poncif péplum, et l’opérette de grand papa poussive et ringarde. Le texte, follement spirituel quand il est bien dit (ce qui est le cas) pétille ici de tous ses feux, et les chansons, exprimées par une distribution aux grandes qualités, plongent le public dans la plus fine des rigolades – comme cela le fut pour la création de cette œuvre fondatrice de l’opérette du XXè siècle, qui resta quatre ans à l’affiche des Bouffes-Parisiens.
NOUVELLE VERSION DE LA PARTITION
Une version nouvelle de la partition a été réalisée : orchestration quasi à l’identique de ce que  fut celle de  la création : neuf instrumentistes (dont un sax) et le chef (l’orchestration courante, plus lourde, fut réalisée bien après la première et l’exploitation du spectacle), prouve toutes ses qualités. Cela « sonne » d’époque, plus proche du Jazz-Band alors à la mode que de l’opérette habituelle, et revigore la pièce d’une énergie qui ne demandait qu’à s’exprimer de nouveau, après tant d’années d’interprétations de Phi-phi banales et routinières.
La mise en scène de Johanny Bert est remarquable : travail réalisé avec des marionnettes, qui « sont » les personnages quand il le faut, tandis que les chanteurs le sont en d’autres occasions, le charme et la gaité, l’habileté comique des scènes coquines, font de cette mise en scène une mise-en-scène de Phi-phi avec laquelle nulle autre ne peut rivaliser. C’est une grande réussite, et il faut le dire bien fort. Ce n’est pas si souvent qu’une opérette est bien mise en scène – c’est à dire comme du théâtre chanté, et non comme de l’opéra qui fait rire…

L’esprit de la pièce est magnifié, et redonne à Phi-phi une seconde jeunesse bien méritée…  Je ne saurais que dire: courez-y, c’est jusqu’au 9 janvier, à l’Athénée. Deux heures de plaisir vrai, ça ne se refuse pas, par les temps qui courent.