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GLITTER AND BE GAY
Un blog à trois voix consacré au théâtre musical
Broadway | Châtelet | Critique | 30.01.2013 - 00 h 56 | 1 COMMENTAIRES
Street Scene au Châtelet, un Broadway opera.

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Street Scene au Châtelet

Street Scene au Châtelet

Le Châtelet poursuit sa saison Broadway par la création parisienne de Street Scene, l’opéra américain de Kurt Weil ; un chef-d’oeuvre absolu qui n’avait jamais eu les honneurs d’une présentation dans la Capitale.Le Châtelet a importé la production du Young Vic Theatre de Londres, co-produit en 2008 avec le Watford Palace Theatre. Il faut bien sûr saluer la belle idée du Châtelet. Comment Paris pouvait-il encore ignorer ce chef d’oeuvre absolu de l’opéra américain [même si l’oeuvre fut originellement créée à Broadway à l’Adelphi Theatre, le 9 janvier 1947] ? Street Scene que l’on dénomme également Broadway Opera est la synthèse — du moins selon les souhaits de Kurt Weill — du Broadway Show et de l’Opéra européen. Une écriture lyrique qui fleure bon son XX° siècle viennois,  revue par le  style  musical, une orchestration sophistiquée — signée de Weill lui-même, quand la tradition de la République du Spectacle permet que des orchestrateurs s’emparent de la particelle originale — , un travail harmonique singulier, un sens inouï de la scène, hérité des expériences antérieures de Weill [ du Brecht de l’Opéra de Quat’ Sous écrit avec Brecht au génial opéra bouffe Der Zar Läss sich photographieren (le texte en est signé du remarquable dramaturge berlinois Georg Kaiser) en passant par cet extraordinaire musical qu’est Lady in the Dark  (Moss Hart & Ira Gershwin) ou encore l’intéressant Love Life (Alan Jay Lerner)] … l’ensemble au service d’un chronique dramatique théâtralement sans défaut — signée du reste de deux des plus grands noms du théâtre et de la poésie américains.

Chaque écoute de l’oeuvre est un éblouissement, de nouvelles beautés s’en dégagent, de nouvelles surprises dramatico-musicales se font jour — on croit l’avoir explorée quand soudain, un subtil détail paraît et renforce encore la fascination que Street Scene provoque chez ceux qui découvrent l’ouvrage.
La production présentée au Châtelet obtint en 2008 à Londres l’Evening Standard Award pour Best musical. On serait bien tenté, à voir cette production reprise cinq ans plus tard, de se demander pourquoi. Ce n’est d’abord pas une production « complète »; tout au plus, une production « semi-staged » améliorée, dont les défauts m’apparaissent criants. A commencer par le parti-pris de direction d’acteur, qui fait de l’illustration gestuelle des lyrics une règle que l’on subit deux heures trente durant. Je fus gêné également des « chanteurs à rôles multiples »,  trop reconnaissables et sans véritable caractérisation de personnage pour chacune de leurs incarnation. L’absence de décors — une construction en bois, dans laquelle est logée l’orchestre sur un rez-de-chaussée et un étage, desservi par deux escaliers censés figurer l’accès des immeubles où vivent les habitants de cette Street — se veut palliée par un travail sur le son de la rue (y compris le chien d’une locataire, qu’elle promène régulièrement), diffusée par les hauts parleurs. Le parti pris tourne hélas un peu trop court. La manière dont la pièce est écrite, finalement, se venge : elle exige un certain réalisme dans la réalisation scénique. Si l’action n’est jamais mélodramatique, les personnages dessinées par Elmer Rice pourraient être ceux d’un mélo. Et le contraste entre le « type » de personnages et leur traitement demande, pour être encore plus sensible, prégnant et porteur de sens, une décoration réaliste, voire terriblement convenue, au raz des didascalies de décor.

La distribution du spectacle est inégale. J’ai cru un instant que le ténor incarnant Sam, Paul Curievici, allait me transporter dans un de ces délices vocaux qui font ma gourmandise : son timbre de ténor léger, spécifiquement anglo-saxon, sa voix ductile et souple, son jeu convaincant perdent soudain toute saveur dès que la tessiture se tend. La voix devient alors terriblement incertaine, les aigus semblent instables et inconfortables — la sensation qui en résulte m’a provoqué quelques violentes frustrations musicales. En revanche Geof Dolton est un Frank Maurrant particulièrement crédible et singulièrement effrayant — la violence qui sourd de chacune de ses répliques ou sous chacun de ses mouvements et ne demande qu’à exploser bientôt est tout à fait impressionnante. L’habileté du chanteur comme celle de l’acteur portent à l’admiration. Du côté des filles, Sarah Redgwick incarne une Anna Maurrant très touchante, tout comme Susanna Hurrel, au chant élégant et racé (Rose Maurrant).
L’Orchestre des Concerts Pasdeloup était mené par la baguette de Tim Murray, simplement excellent. Le Pasdeloup, d’une grande tenue, était desservi par le décor qui l’enserrait : trop loin en scène (l’espace de la fosse, conservé, n’aidait pas à diminuer cette sensation d’éloignement), il eut mérité d’être mieux sonorisé, d’autant que le nombre de cordes, qui est nettement dicté par la place disponible dans l’espace imparti a l’orchestre au sein du décor, s’avère terriblement insuffisant. Quand l’harmonie et la batterie pétaradent avec allégresse, les cordes ne sont qu’un tapis indistinct et lointain. Cela gâcha un peu mon plaisir .

L’Opéra de Toulon avait fait la création française de l’ouvrage il y a deux saisons, dans une mise en scène réussie et inventive d ‘Olivier Bénézech — une distribution anglo-saxonne excellente, une réalisation musicale soignée et de très bonne tenue, malgré des moyens financiers qui ne sont naturellement pas ceux d’un théâtre de la capitale. Je me suis pris à regretter, durant la représentation, que ce ne fût pas cette production qui ait été reprise au Châtelet.

lien intéressant : 

 

 

Pour info, l’Orchestre des Concerts Pasdeloup donnera un concert au Châtelet ce prochain samedi 2 février, avec la merveilleuse et ravissante soprano algérienne Amel Brahim-Djelloul dans un programme qui ose des pages symphoniques de Wagner, avec les Chants d’Auvergne de Joseph Canteloube et surtout Hélix (que l’on peut déjà écouter ici, aux Prom’s) du célèbre maestro et compositeur contemporain Esa-Pekka Salonen, qu’il faut absolument découvrir, pour ceux qui n’ont pas encore eu l’occasion d’entendre sa musique.

France | 22.04.2011 - 15 h 31 | 6 COMMENTAIRES
Evénement: Sweeney Todd au Châtelet

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Et de deux. Après A Little Night Music en février 2010, le théâtre du Chatelet présente Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street, de Stephen Sondheim. D’aucuns considèrent Sweeney Todd comme le chef d’œuvre du compositeur et lyriciste Stephen Sondheim. Si on n’est pas obligé de partager cet avis, tant certaines autres comédies musicales de l’américain regorgent de merveilles, force est de constater que cette histoire adaptée d’une pièce de Christopher Bond fait mouche à tous les niveaux. En particulier du côté de l’extraordinaire partition, qui se veut un hommage à Bernard Herrmann, compositeur de musiques de films – on lui doit les B.O. de nombreux Hitchcock.

Avec les gros moyens mis à sa disposition, la production du Châtelet rend un bel hommage à la démesure de l’œuvre. Près d’une quarantaine de comédiens sont présents sur scène, les premiers rôles se montrent solides (Rod Gilfry et Caroline O’Connor) et les seconds rôles  excellents (en particulier Nicholas Garrett et Pascal Charbonneau, qui incarnent respectivement Anthony et Toby). A la mise en scène, Lee Blakeley, à qui on doit déjà celle de A Little Night Music en février 2010,  reste relativement fidèle à celle d’Harold Prince – même si on se perd parfois dans les rideaux censés séparer les différents espaces. L’Ensemble orchestral de Paris (auquel succèdera l’Orchestre Pasdeloup), lui, permet d’entendre la musique de Sondheim avec un orchestre digne de ce nom, ce qui est de plus en plus rare sur Broadway, comme le compositeur lui-même le rappelle souvent. Mais était-il besoin de l’amplifier?

A voir d’urgence.

Yagg vous propose ci-dessous quelques extraits. Les habitués reconnaîtront The Ballad of Sweeney Todd, The Worst Pies in London, Johanna, A little Priest, Not While I’m around

Toutes les infos sur Sweeney Todd

Critique | France | 05.10.2010 - 18 h 10 | 1 COMMENTAIRES
« Show Boat »: une oeuvre de légende au Châtelet

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Show Boat est généralement considéré comme la première véritable comédie musicale de l’histoire. A voir se dérouler l’action et les chansons de ce spectacle en ce mois d’octobre au théâtre du Châtelet, on a parfois du mal à croire que la première de ce spectacle s’est tenue à New York… en 1927.

(suite…)

Bonus | 02.02.2010 - 11 h 45 | 1 COMMENTAIRES
Claude-Michel Schönberg, le créateur des Misérables, bientôt sur Yagg

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Nous avons rencontré Claude-Michel Schönberg, le compositeur des Misérables et de Miss Saigon la semaine dernière. Nous l’avons interrogé sur la tournée des Misérables, qui passera par le Châtelet dans quelques mois, l’exceptionnelle longévité de ce spectacle (l’un des plus vus dans le monde), la reprise par Susan Boyle d’un des tubes de la comédie musicale (I Dreamed A Dream) ainsi que sur son expérience du travail sur les scènes de Londres (où il vit) et de Broadway. La vidéo bientôt sur Yagg!

Les Misérables sur le site du Châtelet.

Revue de web | 29.01.2010 - 12 h 41 | 0 COMMENTAIRES
Radio: Enregistrement public de l’émission « 42è Rue » avec la troupe de « A Little Night Music »

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C’est l’événement de cette saison théâtrale. A Little Night Music, la comédie musicale de Stephen Sondheim sera créée au théâtre du Châtelet, pour cinq jours seulement, du 15 au 20 février.

laurent valière42è rue, l’excellente émission de Laurent Valière (photo ci-contre), sur France Musique, y consacre une émission spéciale, qui sera enregistrée en public, au Studio 106 de la Maison de la Radio. L’ensemble de la troupe sera présente, avec en tête Lambert Wilson, Leslie Caron et Greta Scacchi (qui remplace Kristin Scott-Thomas, blessée). Nous y serons.

L’émission 42è Rue sur France Musique

A Little Night Music sur le site du Châtelet