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GLITTER AND BE GAY
Un blog à trois voix consacré au théâtre musical
France | 22.04.2011 - 15 h 31 | 6 COMMENTAIRES
Evénement: Sweeney Todd au Châtelet

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Et de deux. Après A Little Night Music en février 2010, le théâtre du Chatelet présente Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street, de Stephen Sondheim. D’aucuns considèrent Sweeney Todd comme le chef d’œuvre du compositeur et lyriciste Stephen Sondheim. Si on n’est pas obligé de partager cet avis, tant certaines autres comédies musicales de l’américain regorgent de merveilles, force est de constater que cette histoire adaptée d’une pièce de Christopher Bond fait mouche à tous les niveaux. En particulier du côté de l’extraordinaire partition, qui se veut un hommage à Bernard Herrmann, compositeur de musiques de films – on lui doit les B.O. de nombreux Hitchcock.

Avec les gros moyens mis à sa disposition, la production du Châtelet rend un bel hommage à la démesure de l’œuvre. Près d’une quarantaine de comédiens sont présents sur scène, les premiers rôles se montrent solides (Rod Gilfry et Caroline O’Connor) et les seconds rôles  excellents (en particulier Nicholas Garrett et Pascal Charbonneau, qui incarnent respectivement Anthony et Toby). A la mise en scène, Lee Blakeley, à qui on doit déjà celle de A Little Night Music en février 2010,  reste relativement fidèle à celle d’Harold Prince – même si on se perd parfois dans les rideaux censés séparer les différents espaces. L’Ensemble orchestral de Paris (auquel succèdera l’Orchestre Pasdeloup), lui, permet d’entendre la musique de Sondheim avec un orchestre digne de ce nom, ce qui est de plus en plus rare sur Broadway, comme le compositeur lui-même le rappelle souvent. Mais était-il besoin de l’amplifier?

A voir d’urgence.

Yagg vous propose ci-dessous quelques extraits. Les habitués reconnaîtront The Ballad of Sweeney Todd, The Worst Pies in London, Johanna, A little Priest, Not While I’m around

Toutes les infos sur Sweeney Todd

Critique | France | 16.02.2010 - 18 h 34 | 7 COMMENTAIRES
« A Little Night Music », un voyage au cœur du Beau », par Christophe Mirambeau

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"A Little Night Music"

"A Little Night Music"

Ces lignes sont tout sauf une critique. Non, ces lignes sont là pour dire le bouleversement émotionnel et intellectuel vécus lundi soir au Théâtre du Châtelet, pour la création française de A Little Night Music de Stephen Sondheim — en présence du maître.
Car comment critiquer ce qui est incritiquable, comment disséquer un show d’une telle perfection, comment décortiquer cette comédie douce-amère, divinement spirituelle, sertie de lyrics et d’une partition sophistiqués, sensibles, virtuoses, délicats, brillants, cultivés…? Que dire d’un cast, d’une mise en scène, d’un visuel et d’un orchestre étourdissants de brio, d’éclat, de grâce et de sensibilité? Au sortir de cette représentation, aucune hyperbole ne semble suffisante pour qualifier l’indescriptible bonheur partagé par deux mille spectateurs.

LA JOIE IRRADIE LA SALLE
De la joie semblait irradier la salle depuis le plateau. Le bonheur d’une équipe à jouer ce musical, d’interpréter l’une des masterpieces du XXème siècle, et de l’offrir à la gourmandise curieuse d’un public enthousiasmé. Une joie qui vous balance de l’énergie en pleine face et vous enveloppe, vous convainc l’espace d’une soirée et pour les quelques jours qui suivent que la vie est belle et vaut la peine d’être vécue. A Little Night Music ne nous propose rien moins qu’un voyage au cœur du Beau.

Sidérés par le chic inouï du premier tableau, déjà béats d’admiration devant l’image qui se découpe, se précise et s’établit lentement sous vos yeux, saisis par la beauté des premières pages de musique, par cette valse chatoyante aux couleurs ravéliennes — on y croise, au détour d’une mesure, le souvenir de La Valse et des Valses Nobles et Sentimentales —, les sens et l’esprit révolutionnés par l’ineffable et discret glamour qui envahit l’espace, on achève de se laisser voluptueusement conquérir par cette «Petite Musique de Nuit» sitôt l’entrée de Madame Armfeldt (Leslie Caron).  Mademoiselle Caron paraît en un double et fulgurant raccourci de ce qu’elle fut naguère au bras de Gene Kelly ou de Fred Astaire, et du passé aventureux de la Madame Armfeldt qu’elle incarne en scène. La star mythique entre en valsant, s’offre à quelques cavaliers, esquisse un complet tour de valse et s’en vient prendre place sur son fauteuil roulant de comtesse douairière, sage, spirituelle et madrée.

(suite…)